fr fr
  • en en
  • fr fr
Accueil / #TigersTips / Carole Colombani, Makeup Artist : vers une beauté plus green
Carole Colombani, Makeup Artist : vers une beauté plus green

Carole Colombani, Makeup Artist : vers une beauté plus green

Être makeup artist et utiliser du maquillage naturel ? C'est encore rare ! Les makeup artists sont en général très fidèles aux marques conventionnelles, fondées sur des formulations essentiellement synthétiques : rien d'étonnant, elles existaient déjà lorsqu'ils ont entamé leur parcours de formation, et rien n'est plus difficile que de revoir ses habitudes.

ALL TIGERS  - makeup artist green Carole Colombani

Il faut donc une bonne dose de curiosité et de courage pour explorer une autre voie. Carole Colombani fait ainsi figure de pionnière, intégrant dans sa pratique de Makeup Artist de nouvelles propositions naturelles, et cette expertise la propulse aujourd'hui dans les articles des magazines consacrés à la révolution makeup green. Zoom sur une Tiger qui se fait sa place tout en douceur.

Comment est-ce que tu t’es retrouvée à exercer ce métier de Makeup Artist ?

J’ai su que je voulais faire ce métier quand je suis rentrée en seconde. J’ai toujours senti que j’avais un regard différent sur les gens, les visages, les corps, et les vêtements. J’ai grandi en Corse, je ne viens pas d’un milieu artistique, mais l’image m’a toujours fait rêver. Mes gestes beauté venaient de ma grand-mère qui était très coquette. Je me suis renseignée, et j’ai fait un BTS en cosmétique, dans l’enseignement public à Montpellier, puis je suis venue à Paris grâce à un contact dans la mode.

A quel moment tu t’es dit « ça y est, je suis maquilleuse professionnelle, c’est fait » ?

J’ai d’abord travaillé chez Sephora pendant 9 mois, pour payer mon loyer. Puis j’ai démissionné pour pouvoir faire des premiers shootings comme assistante maquilleuse, j’avais quelques demandes. En assistant, j’ai rencontré un styliste, fondateur d’un magazine style années 80, qui avait besoin d’une maquilleuse. Il m’a dit « je vais avoir besoin de toi pour les 3 prochaines séries du magazine ». Je pense que mon côté pas formaté, pas d’école de maquilleur, une forme de ‘main pure’, l’a intéressé, pour qu’il puisse le modeler dans son univers. C’est en commençant à shooter, et après le premier défilé où je maquillais, que je me suis senti vraiment makeup artist.

Un souvenir marquant ?

Le plus grand souvenir de ma carrière, c’est quand j’ai été chef maquilleuse pour la première fois sur le défilé Hermès Femme. Je succédais à Tom Pecheux, j’avais 27 ans et demi ! En face de moi en coiffure, c’était Odile Gilbert, qui avait sans doute 25 ans de carrière et qui faisait beaucoup pour la maison Hermès, avec Jean-Paul Gaultier avant. Je suis arrivée car je travaillais avec Christophe Lemaire, le nouveau designer qui venait d’être nommé. Il y avait 45 filles, j’avais 15 makeup artists à diriger dans la nouvelle boutique qui venait d’ouvrir, et on était limité en termes de place. C’était intense ! Quand les filles sont parties défiler, j’ai tout lâché, j’ai pleuré. (rires)

Que réponds-tu aux gens qui te disent que le maquillage, c’est superficiel ?

Le maquillage, superficiel ? Ça a bougé tellement de choses pour moi dans ma tête, j’aurais du mal à intégrer cette notion. Ce qu’on met sur nous, ce qu’on donne à voir, c’est ce qu’il y a de moins superficiel : ça peut révéler, changer un conditionnement mental, donner de la force et de l’espoir. Ma vision du makeup, c’est vraiment un geste de liberté, c’est très fort.

Est-ce que tu as une signature à toi ?

C’est dur de commenter son style makeup. Mais ce que j’ai pu entendre au fur à mesure au sujet de mon approche, c’est que j’ai vraiment une touche transparente et naturelle, qui met en valeur et qui sublime vraiment. On a beaucoup utilisé le mot ‘naturel’ en décrivant mon makeup, en termes de rendu. Même quand je fais un makeup chargé, style années 80, on voit toujours la femme derrière.

Dans ta signature, tu as aussi le fait d’avoir intégré des formules naturel, tu en parles souvent, tu es même une pionnière dans cette idée d’utiliser du maquillage naturel dans ta pratique. Qu’est ce qui t’a amené à ça ?

J’ai toujours eu une sensibilité à la nature depuis mon enfance et mon adolescence, quand je vivais en Corse. J’ai une conscience écologique, de la terre, des ingrédients, du respect de la nature. Ensuite est venu l’alimentaire, il y avait de plus en plus d’informations sur le fait de manger clean.

Puis ça a été un changement de vie personnel, à 33 ans : j’ai ouvert ma valise makeup et je me dis « ce n’est pas très raccord avec le reste de ta vie tout ça ».

A ce moment-là j’ai voulu changer ma ‘configuration mentale’ concernant le makeup. Il faut remettre en question toutes ses habitudes et elles sont dures à changer. C’est pour cela que je partage ma transition. Je ne crois pas aux transitions catégoriques. Il faut y aller touche par touche, comme un petit cheval de Troie qui arrive et frappe à la porte. Les réseaux sociaux m’ont permis de faire des rebonds rapides entre marques. Le digital, c’est dingue, on peut découvrir pleins de nouvelles choses et trouver des choses qui nous correspondent.

Pour toi, en maquillage, qu’est-ce qui transforme instantanément une femme ?

C’est dur comme question ! Le sourcil, ça peut transformer quelqu’un, comme ça peut choquer quelqu’un car la personne peut ne pas se reconnaitre. Une belle peau peut booster le bien-être de la personne. Les yeux et la bouche donnent du pouvoir, mais différemment. La bouche donne de la puissance, une sorte de colonne vertébrale de présence. Quand vous portez une bouche forte vous êtes plus écoutées, entendues. Les yeux, c’est fort, tu te sens plus sensuelle.

Est-ce qu’il y a des choses qu’on fait en fonction de son âge ?

Je ne suis pas pour un type de maquillage par âge mais un maquillage qui colle à la personnalité et qui te redonne du pouvoir et de la confiance. J’ai comme exemple, une influenceuse de 85 ans qui s’appelle Baddie Winkle, qui met du makeup tricolore. Elle est sublime parce qu’elle fait ce qu’elle veut et elle se sent bien. Pour moi, il n’y a pas de grosses erreurs visuelles quand tu prends de l’âge, mais il peut y avoir des erreurs de texture ou une utilisation inadaptée des produits.

Il y a des make-up faux-pas selon toi ?

Dans l’absolu il n’y en en a pas, mais dans la réalité il y a des faux-pas makeup quand on ignore sa peau, et qu’on n’est pas raccord avec son état.

C’est quoi ton produit ALL TIGERS fétiche ?

Moi j’adore vos couleurs flashy ! J’utilisais le Rose corail 784 dans un live la semaine dernière. Il a presque un côté néon que je trouve vraiment intéressant, et surtout avec une composition naturelle. Ça va à tout type de peau : noire, métisse, asiatique. C’est universel !

J’aime aussi faire un mélange deux couleurs ALL TIGERS, vos rouges à lèvres Bois de Rose 683 et Rouge Brun 889, il y a un côté terracotta, qui met tout type de teint en valeur. Je peux le mettre en blush effet brûlé, en l’appliquant au doigt et en descendant vers le bas du visage, ce qui donne un côté en forme – j’ai eu un coup de chaud, j’ai couru dans les champs – sur les paupières, et bien sûr sur les lèvres. 

Le liquid lipstick en général, c’est un produit en crème longue tenue, qui sèche et qui fait un film sur votre peau qui permet de fixer le rouge à lèvre. Cela peut engendrer un peu de déshydratation. Mon conseil : vous hydratez, vous prenez un café et ensuite vous l’appliquez. La grande erreur c’est d’en utiliser trop, quand tu sors ton pinceau, à l’origine il y en a trop, il faut l’essuyer sur le bord, pour alléger la texture.

Qu’est ce qui te fait rugir de plaisir dans ton quotidien de makeup artist ?

Le fait d’avoir aucun autre choix que d’être à 100% ! Je renouvelle un lien de confiance à chaque fois que je maquille quelqu’un. Tous les matins je repars à 0. On a un rôle très pivot, on est au milieu de tout le monde : les mannequins, les photographes, les assistants numériques. En fait, sur un shooting, je recommence à chaque fois du début, c’est un peu comme une relation amoureuse d’une journée.

Qu’est ce qui te fait sortir les griffes dans ton quotidien de makeup artist ?

Le jugement physique des gens : les insultes au mannequin quand on shoote dans la rue, le body shaming. C’est vrai qu’il y a un problème de diversité dans le mannequinat, on nous vend une beauté mince depuis 20 ans. Mais ce n’est pas une raison pour que l’humain qui présente cette beauté devienne un défouloir. Dans ce cas-là, la femme devient objectifiée.

Ce qui m’énerve aussi, c’est quand les gens imaginent les modèles en mode « soit belle et tais toi ». En travaillant dans le milieu, tu te rends compte que c’est tout sauf ça.

Est-ce que tu penses que les maquilleurs vont de plus en plus utiliser du maquillage green ?

Je pense que ça va devenir de plus en plus possible, cela demande de la curiosité, de l’investissement et de l’affinité produit.

Au fond, ce sont les femmes qui décident : elles ont le droit de porter des choses plus saines, comme elles ont le droit consommer comme elle l’entendent, savoir où va leur argent. Tout ça, c’est récent.

Si tu étais à notre place,  quel serait le prochain produit ALL TIGERS ?

Un blush crème ! Oui, ça change un visage, et en formulation clean c’est faisable. Et en crème, parce que j’aime les matières qui s’impriment dans la peau, ça fait naturel ! Ça se travaille au doigt, et donne un super glow : j’aime le côté playful. Au contraire, un blush poudre, je trouve que ça fait des effets de matières.

Bon, maintenant tu es une Tiger : choisis ton totem !

Le Smooth Tiger ! Dans mon métier si tu n’es pas forte dans ton identité, un peu Tiger, tu peux vite être emportée. Mais en même temps, il faut être hyper 'smooth', flexible, ouverte, il faut s’adapter. Chaque journée est nouvelle : nouvelle personne, nouvelle attente d’image. Donc moi, go with the flow… en tenant sur la planche de surf !

Merci Carole ! 

Retrouvez Carole Colombani sur son compte Instagram @carolecolombani et sur son blog.

Vous êtes maquilleur professionnel ? Rejoignez notre programme ! 

Vous voulez prendre le pouvoir sur ALL TIGERS ? Une seule solution : abonnez-vous maintenant à notre page Instagram et faîtes entendre votre voix.  Nous consultons notre communauté à chaque étape clé de la marque. Prête à rugir ? ROAAARRRR ! 

0 commentaires

Laisser un commentaire